Extraits du journal de bord de Noémie:

 

Mer de Timor (écrit à 8 ans)

Afrique du Sud (écrit à 10 ans)

Traversée vers les Bermudes (écrit à 10 ans)

 

 

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Mer de Timor (octobre 1989)

Avant-hier nous avons construit une petite cabane faite de draps, entre le mât et la planche à voile. Il y a une petite place où nous avons mis quelques livres et des revues de voile. Nous dormons et nous mangeons dedans. Nous avions inventé un jeu qui va avec la cabane mais nous n'y jouons plus. Damien et Sandrine étaient deux garçons qui vivaient dans une maison et moi, une fille qui faisait du camping et leur demandait si elle pouvait lever sa tente sur leur terrain. Alors ils l'invitaient à dormir chez eux. Le plus âgé des garçons tombait amoureux de la fille.

Je n'aimais pas beaucoup mon rôle. Nous avons joué à ça pendant deux jours.

J'aime bien notre cabane. Maintenant nous y faisons de beaux dessins et aujourd'hui nous avons écrit un poème:

 

Dans la mer de Timor

il y a plein de choses bizarres

et on attrape de minuscules poissons multicolores.

Dans la mer de Timor

on voit des serpents jaunes comme de l'or

qui dorment à la surface et semblent morts.

Dans la mer de Timor,

pas un poisson ne mord.

Dans la mer de Timor,

même le vent dort...

 

  

Afrique du Sud

Traversée vers les Bermudes

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Afrique du Sud

5 septembre 1991

Hier soir, j’ai lu jusqu’à minuit. C’est un livre écrit par Roald Dahl que j’ai reçu pour mon anniversaire. Ce matin, je l’ai fini. Je lis de plus en plus vite, même l’anglais. Dire que je n’arrivais pas à lire une phrase en Australie et que maintenant je peux lire un livre au complet!

Évangéline est revenue avec ses cheveux courts et ses mèches blondes qui brillent. De dos, on ne la reconnaît plus. De face, elle a l’air plus gentille, juste l’air! Bon, ça la change mais je vais m’y faire et dans quelques jours ça ira.

Des fois je pense à tous ceux qui sont au Québec et j’essaie d’imaginer ce qu’ils font ou bien quand nous allons les revoir pour la première fois, comment ça va être. C’est comme s’il y avait une partie de moi qui disait: Noémie, j’ai envie de partir retrouver la vie en mer et tout ça, et une autre qui dit : je veux rester ici.

 

12 septembre

Aujourd’hui il fait un temps splendide même qu’il fait chaud. C’est très bien pour demain car nous partons avec les Hopkins pour la fin de semaine. Nous allons voir les fleurs du printemps et nous coucherons dans des chalets. Hip, hip, hip, hourra!!! J’imagine ça génial, près de la forêt, tranquille, etc., mais l’imagination n’est jamais pareille à la réalité. C’est comme pour l’Afrique, je voyais la savane, les lions partout, des petites huttes en paille comme maisons, mais pas des villes, des centres d’achats et les rues pleines de Mercédès et de BMW. Alors je fais attention avec mon imagination, je n’aimerais pas me décevoir.

 

Traversée vers les Bermudes

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Traversée vers les Bermudes

30 mai 1992

Nous sommes partis de la baie de Marigot à environ 8 heures du matin. Tout était rangé à l’intérieur, car pour la première fois depuis deux mois, nous partions pour une assez longue traversée jusqu’aux Bermudes: 866 milles. Et en plus, Sandrine et moi barrons maintenant quatre heures par jour comme tout le monde dans la famille.

Je suis restée couchée toute la journée comme à chaque début de traversée. Mon quart de deux heures s’est bien passé, je n’ai pas eu mal au cœur. Par contre j’ai trouvé ça très long.

 

31 mai

Quand Carl est venu me réveiller à 5 heures du matin, il faisait encore noir et ça m’a pris un peu de temps pour reprendre mes esprits. Ce quart-là a été terrible. On aurait dit que l’aiguille du cadran n’avançait pas. Vers la fin, j’ai eu mal au cœur et j’ai vomi un peu. Pourtant le reste de la journée a bien été.

Nous commençons à voir des algues, je pense que nous venons de rentrer dans la mer des sargasses.

Aujourd’hui c’est la fête des mères et comme nous n’avons pas de cadeau, nous, les enfants, avons décidé de lui préparer un bon souper. Évangéline et Sandrine ont fait un spaghetti et Damien et moi un renversé aux ananas. Le repas a été délicieux, surtout le renversé.

 

2 juin

Aujourd’hui, en fin de matinée, le vent a tourné sur l’arrière, alors nous avons hissé le spi. C’était une très belle journée, nous avancions peinards, avec le spi gonflé par le vent. Quand Dominique a eu fini son quart, elle a commencé à préparer un macaroni gratiné et nous l’avons tous aidée. Nous faisons souvent des plats au four quand nous sommes au spi.

Depuis ce matin, Damien, Sandrine et moi essayons d’attraper des sargasses, ces algues brunes. Nous avons utilisé plein de choses, d’abord l’épuisette de Damien, ensuite un bout de bois, un hameçon et la gaffe. Finalement nous avons rempli une bonne chaudière d'algues. Ensuite, pour rigoler, Sandrine et moi en avons mis plein dans nos cheveux et par-dessus nos culottes.

 

3 juin

Le spi est levé depuis ce matin, nous avançons bien. Encore une belle journée! J’espère que le vent ne va pas tomber car si ça continue comme cela nous allons faire la traversée en moins de huit jours. Croisons nos doigts! Comme il fait beau et que la mer est encore pleine d’algues, nous en avons attrapé pour conserver vivant les crabes et les crevettes qui se cachent dedans. Nous les avons mis dans un seau, ça faisait comme un petit aquarium pour crevettes.

Durant mon quart, le ciel s’est couvert tranquillement et tout d’un coup la pluie est arrivée. Pendant tout mon quart. Un peu plus tard le ciel s’est découvert à nouveau et les étoiles sont apparues. À ce moment là, le moteur tournait car il n’y avait plus un pet de vent.

 

5 juin

Le ciel est couvert et il pleut beaucoup. Nous sommes rentrés depuis hier soir dans une zone de grains. C’est un peu chiant car il faut mettre au moins deux hauts de cirés et on est quand même trempés. Et le pire c’est qu’on ne peut pas écouter de musique avec nos baladeurs qui ne sont pas étanches.

Le vent force toujours. Nous filons à cinq nœuds et demi. Nous avons mangé des Pringles pour nous remettre un peu en forme.

 

6 juin

Il pleut toujours à boire debout, sans arrêt. Ça nettoie le pont mais ça nous fout les boules. Cette fois tous les cirés sont sortis et traînent partout dans le bateau. Le vent vient de l’arrière et nous avançons à trois nœuds et demi. Il faut se ralentir car il nous reste 69 milles et nous ne voulons pas arriver à la noirceur.

Plus tard il a fallu se mettre à la cape mais la V’limeuse dérivait encore trop vite vers la côte alors nous avons tiré des bords jusqu’au petit jour.

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